Archive(s) de l'auteur

Le froid de canard

On pour­rait s’attendre dans un contexte de style Grand Nord à n’entendre que le souffle du vent gla­cial dans nos oreilles.
Or la Bernache du Canada n’est pas très silen­cieuse et le bord de l’eau est loin d’être un désert sans vie.
C’est ainsi que le vaillant pro­me­neur bien équipé peut croi­ser canards, che­va­liers, aigrettes, grues, cygnes et oies sau­vages.
Sous l’œil calme du Canard col­vert, stoïque.

La Loire des glaces

Le froid s’invite dans notre espace, gèle nos membres et dévore du méga­watt.
Est-ce le Sphinx des glaces de Jules Vernes, mys­tère magné­tique qui nous attire là, nous pre­nant au piège d’une mort cer­taine ?
Ou l’Agloolik, esprit inuit vivant sous la glace qui guide le chasseur/pêcheur vers la source de sa sur­vie.
C’est sûr, la brû­lure gla­cée nous rap­proche de la flamme et nous rap­pelle à notre feu inté­rieur, où l’énergie se retrouve par­fois au cœur de la tomme.

Entre-temps

Perpétuel recom­men­ce­ment la fin d’une année annonce le début d’une autre.
Ce n’est pas la sai­son la plus pro­lixe en pho­to­gra­phie, mais cela per­met de retrou­ver dans les archives quelques pho­to­gra­phies inédites, écar­tées pour diverses rai­sons.
C’est aussi l’occasion de « pen­ser » sa future tech­nique.
Voici tout de même quelques cli­chés pré­sents et pas­sés, pour patien­ter pen­dant la longue sai­son d’hiver.

Le mouton noir

Les idio­tismes ani­ma­liers sont très pré­sents dans notre lan­gage d’une manière rare­ment flat­teuse où l’on est sou­vent traité de toutes sortes de noms d’oiseaux, bécasse, buse, dinde, chouette, butor, etc.
Quand Brassens bêlait le « Mouton de Panurge », il réac­tua­li­sait le sens de l’anecdote de Rabelais autour du per­son­nage (Panurge) qui a donné nais­sance à la célèbre expres­sion.
Le nom de la série amé­ri­cain les Têtes bru­lées est en amé­ri­cain « Black Sheep Squadron » : les mou­tons noirs qui ont du mal à ren­trer dans le rang.
Pour mettre tout le monde d’accord voici la photo d’un mignon petit mou­ton tout noir, mais à bar­biche, queue et crête blanche…

Lueurs d’automne

« Qu’il m’est doux de revoir ces tran­quilles déserts,
D’y jouir de la paix ! D’y res­pi­rer sans fers !
J’y vis dans l’opulence,
J’y vis exempt de soins ;
On est dans l’abondance,
Quand on est sans besoins. »

Le « tableau de la nature » (1760) d’Étienne Desnoyers évoque bien l’esprit libre et serein de celui qui par­cours la terre et se laisse aller à la dou­ceur d’une balade pittoresque.

Frugale magnificence

Contre la ratio­na­li­sa­tion de la culture, rien de tel que la ratio­na­li­sa­tion du bon sens.
Quand les mau­vais sujets sont élimi­nés, c’est la valeur de ce qui fait le bon qui dis­pa­rait.
Dans la fable de Mathieu, un pay­sage de ven­dange, il dit, ainsi les der­niers seront les pre­miers, et les pre­miers seront les der­niers.
Juste retour des mau­vaises herbes, le par­tage n’attend pas la sai­son des fri­mas.
Coquelicots, lycop­sis des champs, cham­pi­gnons, baies colo­rées, abeilles et rumi­nants et encore ce n’est qu’aperçus, de la fru­gale magni­fi­cence d’automne.