Manimals

homme taureau Manimals

“Il s’enfuit en pre­nant l’apparence d’un lièvre. C’est l’épisode de dif­fé­rentes méta­mor­phoses : un sau­mon bleu, un chien, un cerf, un che­vreuil, une borne, une corde, une hache, etc.”

Les méta­mor­phoses de Gwion Bach, Taliesin, barde mythique de la lit­té­ra­ture galloise.

Les méta­mor­phoses sont un thème récur­rent dans la mytho­lo­gie, héros, sor­ciers, mages, tant de figures allé­go­riques qui cachent quelques qua­li­tés sybillines.
La demoi­selle à l’arbre, pré­sente à un car­re­four d’où plu­sieurs che­mins convergent appa­rait lorsque qu’un héros à le cou­rage de par­ve­nir à elle lorsqu’il pénétre dans une forêt sombre. Cette femme au savoir réflé­chi pré­sen­tera au héros des réponses à ses ques­tions sous la forme de paroles énig­ma­tiques. Enigmatiques parce que le héros n’a pas immé­dia­te­ment la conscience néces­saire pour avoir une com­pré­hen­sion pro­fonde de sa situa­tion, il est face à une réponse qu’il ne peut entendre, un secret caché dans sa visi­bi­lité.
Malgré tout avec ses qua­li­tés il infu­sera la réponse en lui et saura le moment venu faire les bons choix qui s’imposeront, c’est le côté incons­cient et actif guidé par une conscience pas­sive et mâture.
Le sym­bole que repré­sente l’arbre n’est pas sans rap­pe­ler l’arbre de vie sou­vent par­couru dans la mytho­lo­gie par un oiseau et un ser­pent. Serpent et oiseau se com­plètent pour for­mer un équi­libre fort de sagesse, comme l’éléphant et le rat en Asie.
La demoi­selle est alors l’apparence d’un esprit imm­mor­tel, pos­sé­dant la connais­sance aérienne qu’implique un aspect ins­truit, et un savoir ter­rien tout sauf naïf sur les aspects d’une vie aux mul­tiples ramifications.

Il faut avouer que toute cette his­toire n’est pas évidente, la ques­tion est : pour­quoi vou­loir se trans­for­mer en un animal?

Imaginons un oiseau.
Il nous parait insou­ciant, il vit, il vole sur la vie d’une manière opti­male, en contact per­ma­nent avec la nature, les éléments et leurs impacts sur la nature sen­sible.
Et ce rap­port à la nature est quelque chose dont nous man­quons par­fois, une forme de liberté abso­lue. Une liberté pas for­cé­ment débri­dée mais celle res­sen­tie par les trap­peurs, ou toute per­sonne appré­ciant son envi­ron­ne­ment sau­vage. Une bouf­fée d’oxygène qui nous per­met d’évoluer serei­ne­ment dans un rythme natu­rel, plus  proche de notre biologie.

De nom­breux clans ont eus pour sym­boles des ani­maux, les Porcii de Rome, les Hirpi (loups) du Samnium, les Myrmidons (four­mis), les Mysiens (sou­ris), les Lyciens (loups), les Arcadiens (pour Arctadiens, ours). Des attri­buts iden­ti­taires qui remontent à des affi­ni­tés induites de carac­té­ris­tiques ani­males, après tout l’homme n’est qu’un ani­mal et par­tage avec bien des ani­maux de nom­breux gènes.

Dans un contexte plus contem­po­rain, le vam­pi­risme suc­cède à la lycan­thro­pie dans la mono­ma­nie lit­té­raire, buffy s’entretient avec un vam­pire dans le twi­light, etc… Une coexis­tence cocasse entre des réa­li­tés patho­lo­giques ou super­sti­tieuses et des phi­lo­so­phies qui suc­cèdent au cha­ma­nisme des pre­miers hommes. Une exis­tence mythique fon­dée sur des leviers très puis­sants, le désir et la peur. Deux émotions qui ont sou­vent été mani­pu­lées et contrô­lées par des idéa­lismes divers sociaux et moraux mais qui refont tou­jours sur­face, comme une seconde nature, prête à tout dévorer.

Le désir de liberté est le fil conduc­teur de toute méta­mor­phose, la société nous impose des rôles qui par­fois ne nous plaisent pas. Dans une meute de loups, les rôles que chaque indi­vidu peut prendre dépend des capa­ci­tés du loup, c’est tout natu­rel­le­ment que le choix s’impose, et l’on est bien loin du mythe du loup alpha, hérité du fan­tasme de l’utopie de la société patriar­cale. Pas éton­nant alors que les jeux de rôles connaissent un cer­tain suc­cès, car ce sys­tème de jeu est basé sur le choix du rôle que l’on va jouer dans une his­toire, alors que dans la réa­lité ce choix n’est pas pris en toute liberté.

Bien sûr dans la nature tout n’est pas sou­hai­table et cer­taines méta­mor­phoses sont par­fois des malé­dic­tions, telle celle de Circé lan­cée sur les com­pa­gnons d’Ulysse. Mais dans tout les cas une entrave per­son­nelle est en cause, dans le cas où le libre arbitre est diminué.


A voir:

Les mani­mals de Daniel Lee

5 Réponses à l'article “Manimals”

  1. Coralie dit :

    J’aurais encore appris quelque chose aujourd’hui ;)

  2. Zipanu dit :

    Et on a pas finit. :)

  3. Carlib dit :

    si on croit en la réin­car­na­tion, rien de plus facile!!! LOL!!!!

  4. Cath dit :

    Je pense que l’identification sym­bo­lique à l’animal a aussi pour but de mieux le com­prendre. Un vieux pal­fre­nier me disait que pour savoir si un che­val était sus­cep­tible de déclen­cher une boi­te­rie, il fal­lait le regar­der jusqu’à deve­nir lui et qu’à ce moment là, on pou­vait res­sen­tir ce qu’il sen­tait et savoir s’il était gêné dans son mou­ve­ment ou non.
    Et le pire, c’est que cela marche.
    Bonne journée.

  5. Zipanu dit :

    @Carlib De ce point de vu c’est sûr! J’imagine les témoi­gnages de gens qui diront recon­naitre le champ où ils ont brou­tés jadis. lol

    @Cath C’est ce que font les chu­cho­teurs sûrement.

    On a aussi emprunté quelques tech­niques aux ani­maux, comme les tech­niques de kung-fu, etc.

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