L’atmosphère se détend, un peu de chaleur vient briser la glace en cette fin de mois de février.
Les rus quittent leur hibernation et dévoilent un embonpoint que l’on ne reconnait guère en plein été.
Déjà les sittelles doivent s’activer pour inspecter chaque arbre et débarrasser ceux-ci de ses passagers clandestins.
En attendant, au canal latéral à la Loire, le cristal libère de son cercueil de glace les signes du renouveau.
On pourrait s’attendre dans un contexte de style Grand Nord à n’entendre que le souffle du vent glacial dans nos oreilles.
Or la Bernache du Canada n’est pas très silencieuse et le bord de l’eau est loin d’être un désert sans vie.
C’est ainsi que le vaillant promeneur bien équipé peut croiser canards, chevaliers, aigrettes, grues, cygnes et oies sauvages.
Sous l’œil calme du Canard colvert, stoïque.
Le froid s’invite dans notre espace, gèle nos membres et dévore du mégawatt.
Est-ce le Sphinx des glaces de Jules Vernes, mystère magnétique qui nous attire là, nous prenant au piège d’une mort certaine ?
Ou l’Agloolik, esprit inuit vivant sous la glace qui guide le chasseur/pêcheur vers la source de sa survie.
C’est sûr, la brûlure glacée nous rapproche de la flamme et nous rappelle à notre feu intérieur, où l’énergie se retrouve parfois au cœur de la tomme.
Quand mère nature se revêt de son manteau blanc c’est aussi fascinant que perturbant.
La neige c’est 95% du rayonnement solaire réfléchi, à part égale dans les longueurs d’ondes, sauf pour le bleu, d’où le blanc légèrement teinté de bleu, attention alors aux photographies à trop grande dominante bleue.
Dans la mythologie grecque, Chioné, déesse de la neige, est la fille de Borée et d’Orithye, autrement dit du vent du nord et d’une princesse…
Une allégorie de la neige qui laisse place à l’imagination.