Le soleil donne au paysage un air onirique, chaque feuille d’arbre est auréolée d’un nimbe doré, il est 17h20.
Les nuages aussi semblent sublimés par des couleurs allant du bleu canard à l’orange saumon, à travers une tête de cheval imaginaire, où un véritable vol de grues semble disparaitre.
Chaque journée qui s’achève révèle ainsi un moment unique et apaisant, les ombres masquent les arbres dénudés et le ciel s’embrase.
La nuit tombe, je reprends la route, et, plus tard, je repense à ces moments, à leur nature.
Un moment de bien-être pour moi c’est lorsque je me sens émerveillé et apaisé, cela a été étudié et un concept en est ressorti : la fascination douce ou la théorie de l’attention restaurée par la nature.
Cela ne demande aucun effort et permet de diminuer les niveaux de stress, ce qui a pour conséquence de nombreuses vertus.
1° au thermomètre, je m’apprête à sortir, en poussant la porte j’aperçois au-dessus de moi une escadrille d’une centaine d’étourneaux.
Les fêtes sont passées, et elles ont apporté la neige et le givre.
À Noël, j’ai eu un beau cadeau, le grand guide marabout de la nature, j’ai toujours eu une fascination pour les livres illustrés encyclopédiques.
Le brouillard givrant à figer la lumière dans des épines de glace, c’est une atmosphère étonnante, et éphémère.
Ce givre révèle aussi la présence d’innombrables toiles d’araignées auparavant quasi invisibles.
J’ai vu le film «Là où chantent les écrevisses», j’étais sceptique rien qu’avec le titre, mais finalement, ce film s’est avéré très bon, esthétique, profond et complexe.
Chaque saison doit être unique, différente, et son unicité pleinement acceptée, comme chaque émotion, la diversité enrichie.
Et même quand ce n’est pas le cas, ce n’est pas tout à fait faux non plus, car «Toute personne qui vit sur une plaine dépend en fait des caprices d’une rivière.».
Le crépuscule de l’ancienne année
Nuages couleur saumon,
Grues en vol,
Elles savent où elles vont.
Le soleil se pose,
Comme une étoile,
Éclats de feuilles.
Saupoudré de nuages,
Le soleil y dépose,
Un filigrane d’or.
Entre les branches,
Des arbres nus,
Une fresque céleste.
Dominant au loin,
Sur l’horizon,
La chaine des Puys.
Le soir se peint de vagues,
Le fleuve en miroir,
Les arbres s’endorment.
Nuages en haut,
Nuages en bas,
Le ciel toujours bleu.
Le givre de la nouvelle année
Le givre a brodé,
Un paysage enchanté,
L’hiver plane sur les prés.
Fleurs de givre,
Sur sculpture glacée,
Les branches givrées.
Le vent murmure,
Son haleine glacée,
Dans la grange oubliée.
Sur les branches,
De fines aiguilles blanches,
Bourgeonnement de glace.
Journée de givre,
Le froid mord,
La ronce à de nouvelles épines.
Œuvres originales,
De tisseuses locales,
Les colliers d’étincelles.
Bonjour Fabrice,
Tout d’abord, merci pour ce récit suspendu dans le temps que j’ai pris grand plaisir à découvrir.
Ta description de ce moment de lumière où le ciel hésite entre le « bleu canard » et « l’orange saumon », est d’une grande justesse car je l’ai visualisé avant même de découvrir la photo.
À travers tes mots, la nature ne se contente pas d’être un décor, elle devient une thérapeutique… que je suggère à chacun d’expérimenter.
Tu cites « la fascination douce » ou Théorie de la Restauration de l’Attention, que j’appelle aussi méditation de la pleine conscience, qui effectivement offre de magnifiques vertus avec ces instants offerts à notre esprit pour qu’il puisse se poser et se reposer sans effort sur… les détails d’un nuage, d’un vol de Grues, sur les formes d’un arbre… Tu l’as d’ailleurs joliment illustré aussi avec le passage sur le brouillard givrant qui révèle les toiles d’araignées.
Contrairement à nos écrans qui épuisent notre attention, nous saturent, nous rendent même « hermétiques », ces moments de nature nous « rechargent ».
Belle métaphore et aussi bel hommage à l’hiver, qui, sous son air figé, révèle des structures et des beautés que l’agitation de l’été nous cache.
Et puis, l’escadrille d’étourneaux rappelle que la vie palpite, même dans le froid le plus vif.
J’ai trouvé le parallèle avec « Là où chantent les écrevisses » très pertinent avec le message porté par le film (et le livre) car nous sommes indissociables de notre écosystème (même si malheureusement beaucoup d’entre nous refusent de le voir).
La citation finale sur la plaine et la rivière vient clore ta réflexion avec une sagesse tant écologique que philosophique.
Merci pour cette parenthèse onirique, agrémentée de superbes photos et de petits textes très poétiques, qui rappelle que chaque saison, comme chaque émotion, mérite d’être traversée avec cette attention pleine et entière.
Bonne journée.
Merci d’avoir pris le temps de lire et de voir (vraiment lire et voir) ce que je partage.
Ça me rappelle que même les détails les plus discrets trouvent leur public.
Je conseille à tous, vous qui passez ici, de lire ton article « Quid de l’intelligence et des émotions des animaux ? », c’est un sujet passionnant et très bien developpé.
Tu parles de la pleine conscience c’est bien cela aussi, c’est une autre approche du même phénomène, peut-être plus concernée par la pratique qui permet de le vivre.
Notre conscience peut être accaparée par bien des choses, et la distance que nous prenons avec la nature est bien préoccupante.
Bonne soirée
Magnifiques photos du ciel et de très belles photos givrés accompagnés de jolis petits texte!! La nature est si belle….. J’ai regardé aussi et adoré ce beau film « Là où chantent les écrevisses »
Bonne journée
Bonjour Nelly,
Merci pour tes mots sur les photos !
C’est vrai que la nature a ce pouvoir magique de nous offrir des moments suspendus.
Pour les amateurs de littérature je pense que le roman à l’origine du film doit être aussi un régal.
Bonne soirée
Bonjour Fabrice,
J’ai toujours grand plaisir à recevoir de vos nouvelles lors de l’envoi de votre newsletter, j’apprécie tout particulièrement votre œil lorsqu’il s’approche au plus près de détails merveilleux (toile d’araignée givrée, champignon fragile et obstiné).
Votre sensibilité nous fait voir ce qui nous échappe quotidiennement, bravo.
Très bonne journée à vous, au plaisir de découvrir vos prochains clichés.
Bonsoir Camille,
Merci pour ces mots qui donnent encore plus de sens à ce que je fais.
Regarder au-delà des apparences c’est voir apparaitre ce qui était masqué et pourtant présent.
Belle soirée à vous, et au plaisir de vous faire découvrir mes prochains clichés — ceux où la nature se fait discrète, mais jamais silencieuse.