En plein mois de Prairial, ce mois qui illustre le début de la récolte des fourrages, le soleil ardent réchauffe de ses rayons la terre.
Ce réchauffement de saison engendre des perturbations dans l’air qui donnent naissance aux orages.
Un phénomène particulièrement ressenti à la Pentecôte, un passage qui ne manque pas de dictons, prévisions de récoltes fastes ou néfastes, c’est suivant le temps qu’il fera.
Après les pissenlits vient le tour des boutons d’or, la croissance végétale est à son apogée en ce mois de mai.
Un mois qui souffle le chaud et le froid et où les libellules viennent à peine de déployer leurs ailes.
Les arbres ont recouvert leurs feuillages, nul doute, notre printemps mûrit et nous offre une exubérance fleurie.
Il y a des fleurs tellement belles que l’on pourrait passé devant sans croire un seul instant qu’il puisse s’agir de fleurs sauvages, une fleur certes moins célèbre que la jonquille ou le muguet, mais tout de même emblématique du règne floral.
La petite pervenche est une printanière vivace qui a tendance à tapisser les taillis ombragés en rampant.
Après l’avoir manqué ou raté, il était temps pour moi de lui rendre justice en lui consacrant un billet entier.
Étrange et fraîche saison que ce mois d’avril, les observations se font entre les giboulées, une sacrée douche froide après un mois de mars particulièrement chaud et sec.
Quelques apparitions viennent malgré tout apporter un brin d’originalité à travers ce ciel gris persistant comme le lucane dans un cadre où les premières fleurs printanières sont déjà sur le déclin.
Dans les champs aux pissenlits qui donnent cette saveur si particulière au miel et au lait, le cygne ne tardera pas à pondre les œufs d’avril, prochains cygneaux.
Flore était une ancienne déesse romaine célébrée par divers jeux, on abordait alors le printemps comme un évènement joyeux et festif, c’était aussi une manière d’attirer la prospérité sur les cultures.
Nous sommes toujours nombreux à célébrer cette exubérance, que ce soit par l’art photographique, par la cueillette, par le culte du départ de la moisson de l’orge, ou de la résurrection avec ses offrandes d’œufs, tradition d’origine païenne.
Chacun à sa manière célèbre le printemps.
Le printemps commence à livrer ses petites perles de la nature, bien que d’une chaleur digne d’une saison estivale et d’une sécheresse à faire pâlir.
Quand les fleurs des arbres précèdent le feuillage, on peut apercevoir furtivement des grenouilles, des papillons et entendre, qui sait, le chant du coucou.
Entre la beauté classique d’une jonquille et l’exubérance d’une mousse, la royale véronique déploie son charme rayonnant d’azur.
Si l’on regarde cette fleur à droite et que l’on imagine qu’elle prenne la forme d’un dauphin, on se place du même point de vue que de Pedanius Dioscoride qui au premier siècle après J.-C. nomma cette plante en rapport à cet animal marin fascinant qu’est le dauphin.
On se demande parfois d’où les plantes tirent leurs noms, c’est la plupart du temps pour une raison bien plus pragmatique que scientifique à l’image de ce Pedanius qui était probablement un médecin militaire de l’Empire romain qui cherchait avant tout à soigner, d’où les libertés très poétiques dans le choix des noms.
La dauphinelle rend hommage à l’animal déjà très connu à l’antiquité pour son caractère amical.