La patience est une fleur

Il y a une amertume à superposer deux visions : celle de la nature telle qu’elle est, vivante et généreuse, et celle qu’elle deviendrait si un conflit entre humains la déchirait.
D’un côté, la vie qui éclot au printemps, éclatante et fragile. De l’autre, les âmes fauchées par la quête du pouvoir.
Deux spectacles, l’un de création, l’autre de destruction, qui se jouent en parallèle
Il serait naturel de cultiver l’amertume, de piétiner volontairement ces fleurs, car cela est comme une promesse non tenue, un espoir déçu.
Comment le naturaliste peut-il s’autoriser l’indolence quand tout n’est que souffrance ? Pourquoi continue-t-il à observer les herbes pousser, comme si de rien n’était ?
Ne voit-il pas le poids des responsabilités qui nous écrasent, le joug des tâches ingrates, l’imperfection de nos actes ?
Sa quiétude est-elle une forme de lâcheté ? Sa curiosité, un défaut ? Son émerveillement, une pathologie ?
Chaque blessure peut se muer en bête enragée, nous faisant oublier notre devoir : reconnaître que d’autres vivent ce que nous ignorons, et inversement.
Car pour chaque enfant blessé, il y a le risque de voir éclore un adulte perdu.
Un bourgeon ne se demande pas si le printemps viendra. Il sait quand. Et il se prépare, sans bruit, sans hâte, sans peur.
L’air est encore frais et pourtant la chaleur solaire se fait sentir, déjà les premiers bourgeons ont éclos.
Malgré les incertitudes, malgré nos doutes et nos colères, la nature, elle, continue, elle déploie une infinité de formes et de couleurs.
Comme un message vivant : l’adaptation est possible, la tolérance nécessaire, et la beauté, même fragile, reste une résistance : savoir être, tenir bon, et renaître.

Entre fleurs et bourgeons

Une des dernières jonquilles, capte la lumière printanière, c’est déjà, la fin de la floraison.

Les petites pervenches bordent élégamment les haies d’un joli bleu qui fait mode.

Cette anémone est une forestière, qui tapisse les sous-bois d’un blanc pur.

Commune et néanmoins méconnue, la pulmonaire officinale avec ses fleurs roses et violettes.

Chatons et aurore

Une petit papillon printanier au nom délicat, l’aurore, dégustant le nectar d’une cardamine des prés.

Inflorescences de saule, qui ressemblent à la queue d’un chat, d’où le nom de chatons.

Fleurs des bois et d’arbrisseaux

Fleurs blanches pour un arbrisseau surnommé « épines noires » qui donne la couleur printemps aux haies de campagne.

Les petites fleurs du prunellier sauvage, le nom commun cet arbrisseau.

Une primevère qui pousse près des bois, parfois au bord d’un ruisseau, aux fleurs plus pâles que sa plus connue voisine, « coucou ».

L’anémone des bois éblouissante dans la lumière filtrée de la forêt.

Le revers des pétales de l’anémone possède une petite touche de couleur de cuisse de nymphe émue.

Cigognes et chevreuils

Entre l’entretien de leurs nids et leurs rituels amoureux, les cigognes s’alimentent.

Vent de face, ces chevreuils, à découvert, ne tarderont pas à me voir et filer.

Alors que la nature se réveille, ce week-end du printemps est l’occasion de ralentir, de respirer et d’observer.

Prenez soin de vous, et de ces petits riens qui font tout.

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  1. Cette réflexion est poignante, car elle superpose deux mondes : celui de la nature qui crée, et celui de l’homme qui trop souvent détruit.
    L’image de l’adulte égaré, né de l’enfant blessé, résonne comme un avertissement qu’il est urgent d’entendre.
    Ton texte nous rappelle que la nature ne nous ignore pas ; elle nous survivra, et nous enseigne l’essentiel : se préparer dans le silence, s’adapter sans peur.
    La beauté n’est pas une échappatoire, mais peut-être notre dernier rempart face à notre propre barbarie.
    Au delà de tes très jolies photos, cette page est une invitation à ralentir. Elle nous rappelle que, tout comme une fleur met du temps à s’épanouir, notre compréhension et notre appréciation de la nature demandent du temps et une attention soutenue. Une réflexion imagée qui se situe à la frontière entre l’essence même de la nature et la méditation sur ce que sont les Hommes.
    Merci pour ce moment.
    Bonne journée Fabrice.

  2. Merci pour ta page superbe fleurie… Faune et flore pour le plaisir des yeux.
    Renouveau de la nature… La beauté de la nature avec ses couleurs printanières.
    Et deux spectacles, l’un de création, l’autre de destruction, qui se jouent en parallèle… Hélas…
    Je garde mes yeux émerveillés d’enfant pour observer et savourer ces petits riens qui font tout…
    Ta réflexion joliment illustrée est touchante…
    Bon WE ensoleillé et printanier Fabrice

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