L’âme retrouvée

Herbes coupées, souches abandonnées, prés sans arbres, champs empoisonnés.
La nature est là comme un animal apprêté, entretenu, manucuré, intoxiqué.
Mais cet animal qui projette ainsi son pouvoir et sa domesticité, ce n’est que nous.
Armés de la meilleure intention, confondus entre le faire et l’être.
Prisonniers d’une guerre que nous souhaitons.
Vulnérables ainsi aux pièges que nous avons nous-mêmes tendus.
Entre dénis et oublis, nous agonisons.
Incapable d’appliquer à nous même la bienveillance que l’on porte pourtant en bandoulière.
Finalement aveugles et sourds à toute autre considération que soi-même.
Et à cela nous le savons, aucune raison, aucune remise en question, ne peut changer cela.
Car il faudrait abandonner la culpabilité et l’égo, et parfois ce sont les principaux chevaux qui nous tirent, dans un sens ou dans l’autre.

Cependant, le fait même d’être égaré créer la possibilité de se retrouver.
Alors, nous pouvons compter sur notre nature profonde.
Et découvrir que nous avons tous en partage une nature précieuse.
Que chaque souffrance que nous nous infligeons est un crime.
Que le pouvoir le plus satisfaisant est celui qui ne s’enrichit qu’au profit des autres.

L’âme des paysages

Un buisson mauve flotte à une trentaine de mètres.
Il fait écho au reflet du pelage blanc d’un merisier.
Des épis épars de coucous parsèment les alentours.

D’année en année, les fleurs sont les mêmes, mon regard lui est différent.

Devant le spectacle de la nature il y a parfois un voile.

Rose et blanc, cardamines et merisiers, reflets de la réalité.

Cosmique, animique, sacré

Étamines et pistils du merisier, maquette du système solaire.
Pâquerette-lotus, de l’insignifiant, qu’en apparence.
Symétrie d’un bourgeon floral, l’élégance de l’organisé.

Si l’on regarde de près, on voit loin.

Le merisier est un cerisier sauvage, aux fruits parfois aigres, parfois divins.

Telle un lotus flottant sur la surface calme d’un étang, la pâquerette.

Un bourgeon floral élégant, prêt à éclore, d’une petite pervenche.

L’âme des prairies

La révélation de la lumière s’accompagne de l’ombre la plus pure.
Dans ce parfait équilibre, chaque atome de vie inspire l’émerveillement.
Alors, il n’y a plus de distinction entre ce qui est vu et ce qui voit.

La nature est pure existence, comme l’imagination, elle crée du neuf avec de l’ancien.

Une printanière précoce, la présence de la ficaire annonce le printemps.

Dans une lumière subtile, la cardamine déploie toute son âme.

Discret, ses fleurs rose présidant sur des feuilles gaufrées, le lamier pourpre.

Tiges qui s’élancent en soleils, les boutons d’or.

Petite et délicate, au parfum fruité, la violette.

Aux cinq points oranges, les pétales solaires du coucou.

Petites, cachées dans l’herbe, un camp de pâquerettes.

Chemins de l’âme

Bruissement rapide dans les ronces, le lézard se carapate.
L’oiseau cesse de chanter, il monte sur une branche plus haut.
Le papillon atterrit sur la fleur, fouille puis repart sur une autre.

En cheminant, je suis parfois l’origine de ces changements, comme les changements peuvent être à l’origine de ce que je deviens.

Autres éphémères du printemps, les fleurs du cerisier.

Grand ou petit, tout le monde connait le pissenlit.

Le soleil décline sur l’horizon, il est temps de prendre le chemin du retour.

Les premiers pétales blancs tombés ponctuent le sol.
Au-dessus des arbres encore peu feuillus, un rapace taquine des cigognes.
Non loin de là, des véhicules passent,
Bulles de verre et de métal, propulsées par la mécanique.

Vaniteuses chrysalides, le contrôle offre l’illusion du bonheur, serpentant dans les abstractions et les apparences.
Or le moyen peut mener au chemin, là où l’esprit est un ciel sans début ni fin.

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  1. Bonjour Fabrice,
    Que ton billet est doux par la beauté de tes photos et si réel par tes mots.
    Chaque photo est d’une grande beauté et pureté. La nature magnifique.
    Mais que tout ceci est fragile ! La façon dont elle est traitée nous fait frissonner.
    On coupe sans se rendre compte, on bétonne.
    Oui, on est aveugle et sourd car tout ce qui était ne reviendra pas. Certains diront c’est le progrès, il faut vivre avec son temps ….
    Je déplore cet état d’esprit.

    • Bonsoir Elisa,
      Oui l’imaginaire du progrès, cela dépend de la valeur que nous lui y attribuons, et de sa promesse tenue.
      Merci pour ce commentaire qui, comme ces photos, allie douceur et vérité.

  2. J’ai apprécié tes admirables photographie, et je viens de découvrir un super blog !
    Cette fin de mars à Toulouse est froide et ventée, il va sans doute pleuvoir en soirée.
    Je te souhaite de passer un bon et très agréable mardi. Cordiales amitiés & à +

    • Merci beaucoup Gabray pour ce message sympathique.
      C’est étonnant pour le sud, même météo en Saône et Loire, le week-end s’annonce bien meilleur !
      Ton blog possède de bien belles photos, j’ai hâte de m’y plonger.
      A bientôt

      • Merci beaucoup de me répondre, je le fais à mon tour. Je reviendrai et je vais attendre ton prochain article. Je te souhaite de passer une bonne journée . Cordiales amitiés & à +

  3. Bonjour Fabrice mais tu nous offre là un sublime partage avec toutes ces sublimes photos c’est du pur bonheur pour nos yeux un grand merci j’apprécie beaucoup bonne journée Claudine Daniel

  4. Au travers ce texte tu offres une réflexion sur le miroir que nous renvoie la nature : en cherchant à la maîtriser et en l’épuisant, nous ne faisons qu’illustrer notre propre aliénation et notre déficience de gentillesse envers nous-mêmes.
    Selon nos choix de vie, nous avons le pouvoir de rompre ce cycle en observant minutieusement le microscopique où une simple étamine se transforme en miroir de l’univers. Une question de regard (pour moi c’est avoir une vision « propre »).
    C’est presque un appel spirituel en faveur d’une écologie de l’âme (l’écosophie).
    Jolies photos pour illustrer ton thème.
    Bonne soirée Fabrice.

  5. Des photos de toutes beautés accompagnées de jolis mots!!
    Vraiment j’aime baucoup et merci pour ton partage.
    Bonne soirée

  6. Que de beauté ! Il y a de quoi s’émerveiller…
    Ta page sur l’âme retrouvée est splendide…
    Si seulement l’Homme pouvait respecter la nature…
    La Terre est en souffrance… Pollution, destruction…
    L’avenir paraît bien sombre… Je me demande si l’Humanité n’est pas en train de creuser sa propre tombe… C’est triste et inquiétant.
    Bon mercredi Fabrice

    • Peut-être que notre ignorance nous incite naturellement à « casser » des choses pour ensuite avoir la sagesse de progresser vraiment, ce n’est pas encore trop tard. Mais ça ne fera pas disparaitre les conséquences tragiques déjà encaissées.
      Merci pour ton gentil message, à bientôt Béa et bonne journée.

  7. Bonsoir Fabrice,
    Le regard du poète sur notre belle nature, dont l’âme ainsi révélée à ses yeux émerveillés réveille la sienne, pour une osmose magique de quelques instants…
    Merci pour le partage de ces magnifiques photos qui rendent un bel hommage à cette nature aussi belle que fragile dont nous devons prendre soin comme elle prend soin de nous.
    Bon week-end de Pâques !
    Amitiés,
    Martine

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