Le message de Ferdinand Cheval

Le temple de la nature

À la source de la vie, j’ai puisé mon génie

Ferdinand Cheval

Gruau hideux pour l’académique et palais du fou pour le médisant, le temple de la nature du facteur cheval est probablement aussi clivant de nos jours tant par sa nature que par celle de son créateur.
Et ceci malgré toutes ces considérations : chef d’œuvre de l’architecture naïve, monument historique, patrimoine culturel remarquable, etc.
Plusieurs artistes célèbres ont su reconnaitre le caractère profondément artistique de ce temple, notamment le photographe Robert Doisneau ou Niki de Saint Phalle et tant d’autres.
C’est même parfois un des monuments préférés des Français.
Arpenteur des chemins et observateur de la nature, le facteur cheval fait une chute et découvre (anecdote digne de celle du départ d’une découverte archéologique) une pierre aux allures de déesse mère (on va dire que cela y ressemble).
Inspiré, il débute alors en 1879 son ouvrage de construction par une fontaine « La source de la Vie », une ode à la nature avec faune et flore.
Le reste de son œuvre est un voyage ouvert au monde, dans le temps et l’espace, avec, entre autres, un temple égyptien et des figures historiques comme Vercingétorix.

La magie de l’espoir

Dans la réalité tu gravas la magie

Emile Roux-Parassac

Quel meilleur symbole qu’un facteur, le porteur de messages.
Le message de son palais idéal n’est pas simplement gravé dans ses pierres, mais situé dans la confluence entre la singularité de son créateur et l’universalité du monde qu’il perçoit.
C’est un message sociétal, qui porte l’idée que n’importe quel homme, et ce même doté de peu d’instruction, peu malgré tout parfaitement incarner l’intelligence humaine.
Malgré ses limites, imposées par le carcan d’une fortune et d’une société imparfaite.
C’est un message d’espoir et de générosité, car même lorsque la tragédie frappe, il est encore possible de renaitre et de bâtir un abri d’espoir pour ses semblables.

Liberté

Les morts ne sont pas les absents, mais les invisibles

Ferdinand Cheval

C’est aussi une forme d’art-thérapie dans un contexte parfois trop accaparé par l’utile, un rééquilibrage entre imagination et raison.
La source de vie est la matrice de tous les possibles où l’on peut intercéder par notre travail à une réalité concrète et sublimée.
C’est bien là l’idéal, tendre vers une liberté où les conditions de vie ne soient plus des freins, mais des moteurs.
Car sans cela, ce sont des chaines invisibles qui dictent nos conduites, qui que l’on soit, où que l’on soit, alors on ne vit pas pleinement.

Le facteur cheval devient le porteur d’une sagesse révolutionnaire, émouvante, universelle et intemporelle.

Liens

Crédit photo, Tombe du Facteur Cheval : Arie M. den Toom.

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    • C’est un film très émouvant, c’est vrai que c’est un original dans le sens où il a su puisé à la source universelle une méthode d’expression à laquelle il n’était pas instruit.
      Itou, je n’ai pas visité non plus ces créations.

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