Tout à son contraire, après les mois sombres, la lumière d’avril est d’or.
Lumière et chaleur diffusent dans la nature une énergie débordante comme le réveil d’un bon sommeil par un doux rayon de soleil.
Avec toute la pluie des mois précédents, le règne végétal est à son apogée, entre les rayons ardents, à travers le reflet d’un bouton d’or, le rêve le temps d’un printemps.
Le mois d’avril aura été riche en contrastes, fraicheur, chaleur et même orages, pluies et ciel bleu.
Nous sommes à quelques jours du mois de Floréal, et ça se voit, partout, les bourgeons explosent, l’herbe est bien verte et gagne en hauteur.
Tous les êtres prennent une bouffée d’air oxygénante et laissent pénétrer dans leurs cellules le flux puissant de la nature en mouvement.
Souvent très attendu, il éveille les âmes endormies et ravive les énergies les plus jeunes.
L’espoir renait, le cœur palpite, comme dans un rire joyeux ou un tour de magicien.
Le printemps, montre enfin le bout de son nez et déploie ses antennes et paraboles multicolores.
C’est probablement le genre de livre que l’on aimerait posséder sur une ile déserte.
Même si ce n’est pas un guide de survie à proprement parlé mais plutôt une méditation curieuse.
Comme une tentative de trouver une alternative saine et écologique, le manuel de la vie sauvage d’Alain Saury est pour le moins surprenant.
Ventôse mois du froid et des giboulées semble tenir fermement à sa réputation.
Malgré tout, rien n’arrête le fil de la vie qui se déroule à l’intérieur des bourgeonnements et qui se déploie sous les formes les plus diverses que la nature sait emprunter.
Discrètement, dans un petit taillis, je me glisse, entendant le martellement d’un pic, et les cris aigus de quelques petits ragondins barbotant dans un bras de la Loire, et là à quelques pas, accroupi et silencieux, j’observe non sans émotion les majestueuses cigognes.