Terre 1

Incroyable photographie de la lumière lunaire projetée sur la terre.

Parallèlement aux crises mondiales, l’homme se tourne de nouveau vers la Lune, laissant un temps derrière lui ses soucis de terrien : peuples déchirés, dégradation de la planète… Sa quête lunaire ressemble étrangement à une quête de sens. Espace inexploré, compétences hors normes à mobiliser, records à battre, défis techniques et humains : autant de moteurs que l’humanité (en partie) peut s’offrir grâce à ses efforts, voire ses sacrifices. (Tout effort demande un but, sinon à quoi bon ?)

Les retombées sont plutôt positives : cela galvanise les peuples, les individus, autour d’un objectif pacifique. Cela apporte même du rêve, ouvre le champ des possibles, fait évoluer la technologie et nous ramène vers un élan progressiste. Cela dit avec Artémis II, pas d’envolée lyrique cette fois (« Un petit pas… »). L’astronaute, contemplant cratères et morne plaine en n&b, s’exclame : « On voit… Bah la Lune, quoi. »

La Terre vue de l’espace, en revanche, suscite plus d’émotions : émerveillement, humilité, unité. Un instant de lucidité. Un instant pourtant disponible sur Terre, accessible à tous, et totalement gratuit. Échantillon d’élite d’une humanité fragmentée, qui doit déployer des moyens considérables pour retrouver, enfin, une idée de sa juste nature.

Un p’tit tour de Lune et on imagine des astronautes satisfaits, pressés de revenir sur Terre. Leur mission est accomplie : ils pourront enfin goûter aux fruits de leur labeur, un cocktail à la main, face à une mer paradisiaque. Chacun peut ainsi se projeter à travers eux dans une vision dynamique de sa propre vie ; d’autres s’interrogeront sur la pertinence de cette voie, sur les ressorts psychologiques et les concepts qui la sous-tendent.

Le plus grand défi de la vie de Buzz Aldrin, selon son témoignage, à été de surpasser son addiction à l’alcool. On imagine que le stress et l’adrénaline procurés par ces expéditions historiques sont difficiles à retrouver. Qu’une « mission » banale qui nous concerne nous même semble moins stimulante qu’une « mission » qui dépasse notre propre personne.
Quoi qu’il en soit, avec nos forces et nos faiblesses nous sommes tous des explorateurs de notre humanité.

Le discours lucide de Victor Glover.
Faits marquants de la mission Artémis 2.

Terre 1 est le nommage normalisé pour évoquer la lune, notre premier et unique satellite. Titan est nommé Saturne VI et la terre est nommée Sol d, le soleil étant Sol A, mercure Sol b et ainsi de suite.

Pour compléter :

Défis, enjeux et budget du programme Artémis sur pourlascience.

Sources photos : Nasa, Agence Spatiale Canadienne.

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Dites moi ce que vous en pensez

  1. C’est pour moi un paradoxe ultime. Dépenser des fortunes et une énergie folle pour chercher un hypothétique plan B dans l’espace, alors que nous pourrions investir tout cela pour réparer et préserver la seule planète qui nous fait vivre.
    C’est comme si l’humanité, dans sa quête de sens, se tournait vers des exploits lointains et spectaculaires, en oubliant que l’essentiel, la capacité à s’émerveiller, à voir les choses avec lucidité ne coûte rien, et est déjà là, à portée de main.
    Et puis, par rapport à Buzz Aldrin, le plus grand voyage n’est-il pas celui que l’on fait à l’intérieur de soi pour affronter ses propres démons ?
    Bonne journée.

    • Oui et si le message était on est en quête de défis, on va dépasser un gros budget pour ça, ça serait franc. Mais l’histoire que l’on se raconte, celle qui a été véhiculé aussi par les astronautes, c’est à dire réaliser un exploit indispensable à la paix mondiale, c’est un une forme de narcissisme civilisationnel.
      Même si on prend, la paix, les exploits, etc.
      Bonne soirée

  2. De quoi s’émerveiller ce voyage vers la Lune.
    Que notre planète bleue et belle !
    On aimerait oublier les guerres entre les peuples qui l’habitent et la pollution qui la défigure…
    Une belle page lunaire.
    Bon mardi Fabrice et merci pour tes commentaires sur mon blog

  3. Les images sont belles et font rêver. On s’émerveille devant une pleine lune et la beauté de notre terre. Mais tout ceci est si fragile ! Je suis en plein accord avec les propos de Pascale MD/
    Je te souhaite une douce semaine. Bien amicalement.

    • C’est dans notre nature d’explorer, dans notre Histoire nous l’avons souvent fait pour des raisons de survie, peut-être dans d’autres cas par curiosité et maintenant pour toute sorte de raisons.
      Où en serons nous dans des milliers d’années…
      Aurons-nous coloniser les étoiles où vivrons nous en paix sur notre vaisseau bleu…
      S’il reste encore quelqu’un…
      Une belle soirée à toi, amicalement.

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