Au pays des hoplies

Après des jours passés à esquiver la morsure du soleil, je sors enfin prendre l’air.
L’oppression se dissipe parallèlement à la vitesse de ma température corporelle qui semble se stabiliser.
Mon regard sur les arbres parait soudain plus fraternel, conscient de cette altérité naturelle qui souffre ainsi que de l’aspect salvateur de cette présence.
La rivière n’est plus qu’un filet d’eau, le fleuve devient une rivière.
Partout la résilience s’organise, le confort cède le pas à l’urgence de la survie.
Si l’heure n’est plus au scepticisme climatique, si l’évidence que l’atténuation va de pair avec l’adaptation, il reste encore beaucoup à réfléchir.
La nature est capricieuse, pourquoi l’activité humaine devrait la rendre encore plus invivable, quelles sont les motivations qui nous poussent à croitre au dépens de la mère qui nous nourrit ?
Nous sommes déjà adaptés à ce monde avec une technologie naturelle qui a l’expérience de millions d’années.
Le paradis est devant nos yeux, nous l’avons entretenu, mais notre génie aveugle et démesuré perturbe sa cohérence, et cela devient une nuisance qui nous coûte.
Ce génie a-t-il la capacité de trouver des solutions ? Probablement, mais le peut-il vraiment ?
Il n’est pas rationnel de nier l’individualité quand la société a toutes les caractéristiques d’un individualisme destructeur.
Peut-être y a-t-il a une unité à ressentir entre toute chose avant de pouvoir agir véritablement.

Une terre nue

En 2026, les épisodes caniculaires sont précoces et se répètent. La sécheresse favorise le risque d’incendie, et fragilise ces puits de carbone essentiels que sont les forêts.

40° à l’ombre, le soleil est implacable.

Le contraste entre le ciel azur et le champ couleur paille est saisissant.

Les arbres, qui perdent déjà leurs feuilles offrent encore un peu de vert et d’ombre.

Une cigogne brave la chaleur qui s’installe dès le matin.

Les gardiennes de l’eau

Les hoplies sont des petits coléoptères de la famille des scarabéidés que l’on retrouve souvent en bord de Loire, les adultes sont des pollinisateurs qui se nourrissent de pollen et de nectar.

C’est dans ce genre de paysage que l’on peut trouver des colonies de hoplies.

L’Hoplie bleue (Hoplia caerulea) possède une structure d’écailles qui lui confère des propriétés uniques, qui produisent cet effet bleu iridescent.

Chez ces hoplies, seul le mâle est bleu, la femelle est d’un gris sombre.

La tigresse de l’herbe

Le nom de mante est inspiré du grec Μάντις « prophétesse, devineresse », elle est connue pour ses mœurs cannibales et ses pattes avant ne laissent aucun doute sur ses performances prédatrices.

La Mante religieuse (Mantis religiosa) est ici de couleur paille mimétique.

On peut apercevoir sur sa patte avant, un ocelle qui permet d’intimider ses ennemis dans une posture qui laisse suggérer la présence de grands yeux.

De l’ombre au soleil

La forêt est une oasis d’ombre et de fraicheur.

Les fougères offrent encore un tableau luxuriant et vibrant.

L’ombre de la fougère se dessine à l’aide d’un pinceau de lumière.

De rares nuages viennent cacher ce soleil ardent.

La couleur bleu-violet des hoplies serait variable face à l’humidité, en présence d’eau la couleur vire au vert. Ses écailles extraordinaires inspirent aux scientifiques un concept : la cellule photonique, ses caractéristiques auraient de nombreuses perspectives, comme cela existe pour les verres intelligents qui changent de couleur en fonction de la chaleur.
De plus ses écailles sont aussi fluorescentes dans la lumière visible.
Comme quoi un joli petit insecte, banal en apparence, peut-être source de connaissances et d’applications potentiellement utiles à l’homme.

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