Le latin du jardin

Quel est l’intérêt de connaitre les mots latins employés pour les plantes ?
La réponse est pratique, pour rassembler le puzzle et dévoiler quelques particularités, par exemple la Renoncule et Ranunculus, qui signifie petite grenouille, indiquerait une prédisposition de la Renoncule pour les lieux humides. Bien sûr tout le monde peut remarquer que les boutons d’or qui sont des Renoncules, poussent parfaitement bien dans les prés, on pourrait alors aussi dire qu’elles prolifèrent particulièrement en période de fortes précipitations pluvieuses, ça parait plus sensé, à moins que la Renoncule aquatique à elle seule ait motivé ce rapprochement… Ou peut-être est-ce là un ensemble d’explications relativement précises qui a du mal à englober toute la diversité offerte. Ce n’est pas toujours évident. En revanche pas de doutes possibles pour la Potentille qui vient de potens, puissant, car remède efficace (du moins à l’époque de Linné) ou encore la Saponaire, de sapo, savon, à cause de la présence de saponines, nommée savonnette en campagne pour la mousse lavante qui se dégage des frottements des fleurs de la plante.

Une approche instinctive de la botanique

Pour ordonner tous ces noms, il fallait retrouver les grandes lignes directrices de leur raison d’être, que ce soit par rapport à la position des feuilles sur la tige, le port de végétation, la forme de la feuille, mais aussi la ressemblance avec une chose, des saisons, du moment de floraison et des biotopes. Le livre est alors très organisé et accessible à tous, à la fin on peut trouver des références pour renvoyer, de l’abécédaire des termes employés, aux paragraphes correspondants.

Quelques sections intéressantes

latin-du-jardin-couleurs

La palette de la nature

Les couleurs évidemment !

C’est bien par elles que nous admirons tant les fleurs, et le latin dispose d’une panoplie de déterminants, comme tristis, terne, bicolor, bicolore, virens, vert, ochrus, ocre, etc.

Galerie de portraits

Ici il s’agit de légendes et de mythologies, le grec et le latin étant des langues de cultures aux origines païennes proches de la nature, il y avait alors de quoi puiser dans la littérature mythologie de l’inspiration.

Les exemples sont légion, comme Mentha qui donne son nom à la menthe, c’était était une nymphe qui fût transformée en plante par Perséphone épouse d’Hadès dans un accès de jalousie.

Plantes et imaginaire

L’imagination aussi à une place dans la dénomination scientifique.

Par exemple quand les plantes nous font penser à des animaux, comme le géranium du grec ancien geranos, grue, par rapport aux formes allongées de ses graines.

Et le célèbre orkhis, testicule, pour les doubles tubercules de l’orchidée.

Pour comprendre ce qui se cache derrière le nom des plantes

Le Latin du Jardin, aux éditions Larousse, par Diane Adriaenssen est un ouvrage futé et bienveillant dans sa démystification de termes qui paraissent intimidants et abscons sans informations complémentaires et sens pragmatique. C’est aussi le prolongement d’une observation curieuse sur le terrain, en recherche de sens, dans le vaste et complexe univers des plantes, ce règne du vivant si particulier, parallèle au monde animal.

7 pensées sur « Le latin du jardin »

  1. @Marianne 😀
    @Estelle 😉
    @Framboise C’est pas trop mon truc non plus, je serais bien incapable de donner le nom latin d’une plante, utiliser notre langue actuelle est nettement plus pratique, mais c’est une autre manière de connaitre les plantes (et il en existe d’autres).
    C’est vrai que l’étude des plantes date de l’antiquité, c’est certain que maintenant cela parait désuet, la génétique surpasse l’observation directe pour l’identification, etc.
    Or de nos jours, il est aisé pour chacun de pouvoir observer et de chercher ensuite dans un livre, avoir un labo, c’est autre chose…
    Et puis ça dépend de nos besoins, mais ça peut servir sur un plan mnémotechnique, si on voit l’Herbe à Robert(mdr) par exemple, et ses styles fins et très longs, on se dit là on a affaire à un géranium, parce que le style ressemble à un bec de grue. C’est une image parlante, alors que si on veut vous faire apprendre par cœur ou on vous dit simplement “Geranium robertianum”, à reconnaitre in situ c’est carrément pas gagné.

  2. Hello l’ami!
    Sûrement un livre intéressant. Le latin permet au moins de s’assurer de parler de la même plante ou animal lorsqu’on se retrouve avec des personnes parlant une autre langue que la sienne. Je trouve cela bien utile quand je me déplace en Espagne à propos des oiseaux!
    Les couleurs se retrouvent aussi beaucoup dans les noms de ceux-ci comme ‘ochrocephala’ pour jaune sur la tête, ou ‘viridigenalis’ pour le perroquet à joues vertes, etc…
    Quand on a oublié le nom d’une bestiole ou d’une plante, il suffit souvent (pas toujours!) d’observer ses caractéristiques pour en retrouver le nom.
    Indispensable ces classifications en latin… J’en ai fait 6 ans à l’école sans imaginer à quoi cela pourrait bien servir!!!… et bien ça aide drôlement! 😉
    Tu as eu bien raison de souligner ce fait passionnant!
    Bises et belle journée!

  3. Hello l’amie !

    Voilà l’autre point essentiel, une langue morte et ancêtre c’est aussi pratique comme base commune pour une reconnaissance mondiale dans la nomination.
    Excellents tes exemples. 😉
    Mais bon 6 ans toi t’a pas besoin de ça… vade retro ! ouste ! 😛

    A+

  4. C’est toujours intéressant de démystifier le nom attribué à une plante , un insecte ou un oiseau. On comprend mieux ainsi les caractères de la plante ou de l’insecte. Parfois c’est évident : les coccinelles avec leur nombre de points, erythrocephalus est un insecte à tête rouge, apterus n’a pas d’ailes …
    Et puis heureusement que nous avons cette langue universelle pour communiquer avec des personnes étrangères.
    D’ailleurs dans les jardins botaniques, ce sont les noms latins que l’on trouve indiqués.

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