
Parallèlement aux crises mondiales, l’homme se tourne de nouveau vers la Lune, laissant un temps derrière lui ses soucis de terrien : peuples déchirés, dégradation de la planète… Sa quête lunaire ressemble étrangement à une quête de sens. Espace inexploré, compétences hors normes à mobiliser, records à battre, défis techniques et humains : autant de moteurs que l’humanité (en partie) peut s’offrir grâce à ses efforts, voire ses sacrifices. (Tout effort demande un but, sinon à quoi bon ?)
Les retombées sont plutôt positives : cela galvanise les peuples, les individus, autour d’un objectif pacifique. Cela apporte même du rêve, ouvre le champ des possibles, fait évoluer la technologie et nous ramène vers un élan progressiste. Cela dit avec Artémis II, pas d’envolée lyrique cette fois (« Un petit pas… »). L’astronaute, contemplant cratères et morne plaine en n&b, s’exclame : « On voit… Bah la Lune, quoi. »
La Terre vue de l’espace, en revanche, suscite plus d’émotions : émerveillement, humilité, unité. Un instant de lucidité. Un instant pourtant disponible sur Terre, accessible à tous, et totalement gratuit. Échantillon d’élite d’une humanité fragmentée, qui doit déployer des moyens considérables pour retrouver, enfin, une idée de sa juste nature.
Un p’tit tour de Lune et on imagine des astronautes satisfaits, pressés de revenir sur Terre. Leur mission est accomplie : ils pourront enfin goûter aux fruits de leur labeur, un cocktail à la main, face à une mer paradisiaque. Chacun peut ainsi se projeter à travers eux dans une vision dynamique de sa propre vie ; d’autres s’interrogeront sur la pertinence de cette voie, sur les ressorts psychologiques et les concepts qui la sous-tendent.
Le plus grand défi de la vie de Buzz Aldrin, selon son témoignage, à été de surpasser son addiction à l’alcool. On imagine que le stress et l’adrénaline procurés par ces expéditions historiques sont difficiles à retrouver. Qu’une « mission » banale qui nous concerne nous même semble moins stimulante qu’une « mission » qui dépasse notre propre personne.
Quoi qu’il en soit, avec nos forces et nos faiblesses nous sommes tous des explorateurs de notre humanité.

Terre 1 est le nommage normalisé pour évoquer la lune, notre premier et unique satellite. Titan est nommé Saturne VI et la terre est nommée Sol d, le soleil étant Sol A, mercure Sol b et ainsi de suite.
Pour compléter :
Défis, enjeux et budget du programme Artémis sur pourlascience.
Sources photos : Nasa, Agence Spatiale Canadienne.