Mémoires incandescentes

Première partie : Dans la vallée de Chaudefour

Sculptée par les glaciations dans les coulées de l’ancien volcan du Sancy (Puy-de-Dôme, Auvergne), la vallée de Chaudefour est née du feu, puis façonnée par la glace. Ce cirque aux parois de lave abrite aujourd’hui une réserve naturelle : sources, cascades, dykes acérés, ainsi qu’une faune et une flore riche, parfois endémique.

Cascade de Pérouse et fontaine Sainte-Anne

La randonnée débute par une immersion forestière, la forêt, telle une antichambre, semble être un entracte modeste qui invite, déjà, à prendre le temps.
Nous sommes invités, à cheminer, le début ne le laisse pas présager, mais un minimum de sens de l’orientation sera nécessaire.

En longeant la forêt, parallèlement au sentier, dans un joli panorama, les arbres commencent à prendre en ce début d’automne des couleurs chaudes et teintées.

Les pointes rocheuses dessinent une crête qui annonce, tel un indice, le début du profil de la vallée à venir.

En cheminant, une source nous avertit, la vallée est judicieusement veinée de l’élément liquide : cascades et ruisseaux.

Suivre les pancartes, lire les annotations, le premier point d’intérêt apparait rapidement, après un sentier légèrement escarpé, la cascade de Pérouse se dévoile.

Crête de coq et dent de la rancune

En suivant le sentier, un peu plus loin, la vallée apparait alors dans toute sa splendeur, et le paysage se déroule à 360°.

La dent de la rancune est un dyke volcanique, c’est à dire une lame de lave figée dans une fracture.

Il me vient alors une évidence, ce que les yeux voient est impossible à exprimer pleinement, l’on ne peut que s’en approcher sans l’atteindre véritablement.
Forêt dense, cascade, et roches attirent le regard, dans une parfaite harmonie.
Que rapporterais-je concrètement comme souvenir tangible de ce lieu, le concept me parait impossible, ce sable semble déjà glisser entre mes doigts.
Qu’importe, mes photos sont mes petites pierres qui rejoindront les petits cailloux que je vais prendre soin de rapporter.

Cascade de la biche et chamois

Je vais prendre le temps, mon objectif est la cascade de la Biche, de loin, avec mon zoom je sais que l’eau n’y coule guère.

Mais je m’engage tout de même dans le sentier de racines et de roches qui y mène, et qui demande une bonne condition physique.

Forêt, roches et filets d’eau à traverser sur un terrain bien escarpé.

Alors que je monte, seul, avec mon grand-angle, je suis surpris par l’apparition de plusieurs chamois, que je recroiserais en redescendant (et cette fois j’aurais monté mon zoom).

Au bout de cette montée apparait la cascade, grande et majestueuse, une petite merveille d’eau et de roche qui tombe et se déploie en de multiples ramifications.
Le bruit de l’eau qui s’écoule est le seul son qui règne, je reste quelques instants, autant pour profiter que pour reprendre mon souffle.

Sur le chemin du retour

Il est temps de faire demi-tour, un dernier regard sur la vallée…

Les racines s’ancrent et se mêlent, là où se confondaient le feu et la glace.

Vue sur la crête du Puy Ferrand.

Les drupes du Sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) seront comme des braises givrées quand viendra le froid.

Une arche de pierre – des millions d’années.

Un ultime passage auprès de cette cascade, comme une note finale, qui s’écoule librement, à l’imprévisible cohérence.

À suivre…
Deuxième partie : Parc de Murol et volcan de Lemptégy
Troisième partie : Les puys d’Auvergne

Infos pratiques : La réserve naturelle de Chaudefour • Office de tourisme du Sancy

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