Les printanières

L’on assiste à une sorte de miracle, c’est l’impression que nous procure le printemps, car là où il n’y avait rien d’autre que branches dénudées et couleurs monotones vient maintenant une explosion de formes et de couleurs.
Il est logique d’y voir ce qui vient en premier temps, de donner un point de départ à une animation qui semblait disparue, même dans l’antiquité on vénérait Flore, la divinité des fleurs en avril.
Cependant on constate la formidable capacité du vivant à s’adapter au cycle des saisons et on ne peut s’empêcher d’y voir une forme de renaissance, comme Pâques et la résurrection.
L’hiver est bien terminé, pour les hommes c’est la fin d’une alimentation difficile et le retour des productions agricoles, une véritable aubaine qui marque ainsi fortement les esprits.
C’est l’étape d’une interdépendance qui puise son origine dans l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre par rapport aux rayons du soleil.
Vous ne le saviez sans doute pas, mais un seul pas pourrait, lors de vos promenades, vous faire croiser le regard de Robert le diable et qui sait alors ce qu’il pourrait vous arriver…
A voir tout les insectes en ce moment c’est à se demander si ce n’est pas la meilleure période de l’année pour eux tellement ils sont nombreux et variés. On aura connu les saints de glace mais on connait moins la mouche de la Saint-Marc, représentative des insectes qui apparaissent fin avril début mai. Le sceau de Salomon est toujours présent et la panthère n’est pas loin. Près des marécages ou des lieux humides on peut même apercevoir la grande consoude…
Les journées chaudes et ensoleillées étant rares et fugitives, l’on apprécie d’autant plus ces instants privilégiés ou à l’abri du vent l’on prend un bain de soleil et de nature en dehors du temps et de ses préoccupations. Avec des invités comme l’aurore, susdite aussi piéride du cresson, les petites grenouilles vertes et le méloé printanier, tout cela accompagné du chant du coucou, que demander de plus?
Quand printemps signifie premier temps(primus tempus), car jadis l’année humaine commençait à partir de ce moment, on se dit que cela était bien naturel vu le plaisir que l’on éprouve tous à sortir en ces belles journées douces et ensoleillés. C’est un cycle de la nature, comme une étape dans une respiration et particulièrement l’on est en plein expir de morosité hivernale et en inspir total de joies printanières.