Caspar David Friedrich

La nature rap­proche du divin

Caspar David Friedrich

Portrait de Caspar David Friedrich

« En effet, il y avait chez lui un curieux mélange d’états d’âme, la gra­vité la plus pro­fonde et la plai­san­te­rie la plus gaie, celle qu’il n’est pas rare de trou­ver chez les plus grands mélan­co­liques comme chez les plus grands comiques. »

Uttenwalder Grund 1825

Uttenwalder Grund 1825

Les sapins chez David repré­sentent les hommes, ici ils sont iso­lés par une chaine mon­ta­gneuse qui les encercle, au milieu coule l’espoir enlu­miné par le cou­chant de l’astre de nuit comme si à tra­vers la rugo­sité chao­tique et éphé­mère de la nature se pro­fi­lait une intem­po­ra­lité fluide, source de vie.

Le chant d’un cygne

Cygnes

Cygnes

Ces cygnes ont pro­ba­ble­ment faient leur nid dans ces hautes herbes au bord d’un étang ou d’un lac. Rémanence de la fée orni­tho­morphe, le cygne par son carac­tère de migra­teur à sou­vent été le sym­bole du voya­geur de l’autre monde. Comme si notre pas­sage sur terre était maté­ria­lisé par cette scène, un foyer où un cygne se ras­sure en regar­dant son élément favori, le ciel.

Entre ciel et terre

Femme au soleil couchant vers 1818

Femme au soleil cou­chant vers 1818

Les per­son­nages chez David sont sou­vent repré­sen­tés de dos, car ils doivent faire échos à celui qui regarde le tableau, comme si le peintre nous avait conçu un ava­tar, un pas­seur où notre âme pour­rait s’insinuer pour contem­pler son monde intérieur.

Carpe diem

Klosterruine Eldena bei Greifswald 1824/25

Klosterruine Eldena bei Greifswald 1824/25

Ruines de l’abbaye d’Eldena, c’est la croyance chré­tienne de l’artiste qui s’exprime dans ce type de tableau. Ce qui fût jadis un temple de culte est main­te­nant à l’abandon, mais dans un sens la nature le sou­tient, elle n’a pas aban­donné ce lieu sacré. On peut se dire que quoique nous fai­sions cela n’est pas vain puisque basé sur l’inspiration que nous pro­cure la nature, cette der­nière nous rap­pe­lant là que l’enseignement passé peut nous a aider à construire notre futur, c’est peut-être ce que sug­gère la pré­sence des deux per­son­nages, comme une exhor­ta­tion à se concen­trer sur l’instant présent.

Divin cré­pus­cule

Der Abend vers 1820-1821

Der Abend vers 1820-1821

Une lisière de forêt nous montre des arbres dont la base dépouillée est super­be­ment illu­mi­née par le soleil cou­chant. Qui que nous soyons, notre fon­de­ment est le même, impré­gné d’une lumière spi­ri­tuelle qui se révèle sou­vent tard et non au zénith de ce que nous pen­sons être le meilleur de notre humanité.

« Il n’a pas la pré­ten­tion de vous don­ner le der­nier mot de la nature ; il vous prend par la main, et semble vous dire : « Ouvrez les yeux et voyez les tré­sors qu’elle ren­ferme, si vous avez une âme faite pour la com­prendre. » C’est une espèce d’itinéraire vers la tra­gé­die du pay­sage ; car qui peut s’arrêter long­temps vers les essais des hommes, lorsque l’on peut aller à la source pui­ser soi-même les impres­sions qui se renou­vellent conti­nuel­le­ment et d’une manière si variée ? L’artiste ne peut don­ner qu’un ins­tant, mais la nature déroule, à chaque minute, de nou­velles peintures. »

« Frédéric ne va pas dans le monde ; on rirait de sa noble naï­veté : « Il n’est pas comme tout le monde », dirait la civi­li­sa­tion moderne qui, si elle le pos­sé­dait arron­di­rait tous les angles de ce gigan­tesque rocher qui porte sa tête dans le ciel, et dont la base lutte contre les vagues de la mer en courroux »

David d’Angers, 1834

Un lien sur Caspar David Friedrich vers le site moncelon.fr, pour en apprendre plus.


4 Réponses à l'article “Caspar David Friedrich”

  1. Carlib dit :

    C’est dif­fi­cile de faire ici un com­men­taire à la hau­teur d’un peintre comme celui-là!
    Son oeuvre est magis­trale et spi­ri­tuelle et s’accorde par­fai­te­ment à ma propre vision du monde qui nous entoure…
    Merci de nous faire par­ta­ger ces fenêtres sur l’Ailleurs!

  2. Zipanu dit :

    Merci à toi. :)

  3. covaq . dit :

    bon­jour , quelqu un pour­rait t il expri­mer les sen­ti­ments du tableau » femme a l’aube » ? merci

  4. Zipanu dit :

    Bonjour Covaq,

    Une réponse parmi d’autres j’espère, moi je dirais que c’est essen­tiel­le­ment contem­pla­tif et serein. Je te conseille de jeter un clic sur « Caspar David Friedrich: aux sources de l’imaginaire roman­tique », à la page 60, de Gabrielle Dufour-Kowalska lisible sur http://books.google.com/. ;)

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