Joie de papillon

Dictionnaire de l’Académie française de 1694 : PAPILLON. sub. m. Espece d’insecte volant qui vient ordinairement d’une chenille.

Et, suivant dans les airs son léger tourbillon, Flore attend ses destins des jeux d’un papillon. Dellile.

Une citation du poëte Jacques Dellile anticipe l’effet papillon, en effet l’insecte par sa morphologie délicate est nettement soumis dans son vol aux « conditions initiales chaotiques » invisibles à nos yeux, car hasardeuses.
Or comme on peut en avoir l’intuition, le vol du papillon n’est pas si aléatoire qu’on pourrait le penser, ses plans de vol sont dressés en fonction de ses tâches: la quête de nourriture, l’orientation (vol en cercles), la fuite, l’intimidation de concurrents (vols spiralés), etc.

Voyez ce papillon échappé du tombeau ; Sa mort fut un sommeil, et sa tombe un berceau. Dellile.

Cette autre citation présente le point le plus abstrait et mythique des caractéristiques des papillons, à savoir la métamorphose de la chenille en insecte volant. Pas étonnant qu’il fascina dès lors les cultures antiques qui l’associèrent à un principe de renaissance de l’âme, parmi d’autres.

Passons aux photographies:

Probablement une piéride de la rave, vaste famille que celle des piérides!

Le myrtil, c’est un papillon difficile à identifier car la confusion avec d’autres espèces est possible, voir le lien à la fin de l’article.

Le vulcain, se rencontre d’avril à octobre.

Un planeur assez élégant, le petit sylvain aime prendre des bains de soleil bien caché à travers les feuillages.

Au revers de ses  ailes antérieures se trouve un ‘C’ blanc inclut dans son nom scientifique de Polygonia c-album, ce robert-le-diable possède une découpe très caractéristique à ses ailes.

Un myrtil, en contre-jour.

Un vieux tristan, dont les ocelles décourageraient les prédateurs.

Le célèbre paon du jour, toujours vif et magnifique.

L’amaryllis, comme quoi ce n’est pas que le nom d’une fleur, l’épaisse tâche brune qui zèbre les ailes supérieures nous indiquent qu’il s’agit d’un mâle.

La carte géographique, un drôle de nom dû aux lignes du revers de ses ailes. Ce qui assez étonnant c’est que ce papillon est complètement différent qu’il soit né au printemps ou en été. Ici il se présente dans sa livrée estivale noire, mais il peut être orange pour la génération printannière.

Le damier athalie, élégant, veut-il jouer aux belles dames?

Le lien avec certains de ces papillons, c’est qu’ils sont friands d’orties, pas évident toujours de les croiser tant le fauchage devient systématique.

Procris, Amaryllis, Myrtil, la planche d’aide pour résoudre le noeud du problème d’identification, sur le site de noé conservation.

Dites moi ce que vous en pensez

  1. Une belle série très hétéroclite!
    Les piérides en effet ne sont pas si simples à identifier, surtout les plus pâlottes!
    Ton Sylvain est superbe et j’ai aussi un faible pour la Carte géographique que je rencontre moins cette année chez moi!
    Bravo pour le Robert-le-diable qui ne se laisse pas approcher volontiers!
    Un bien bel ensemble de photos très agréables à regarder!
    Mes amitiés, Zipanu

  2. J’aime beaucoup la photo de ton amaryllis! Et bien sûr je rêve de la carte géographique qui n’est pas présente dans mon milieu!
    Un superbe éventail de ces lègères ailes qui enchantent nos prairies!

  3. mes préférées « petit sylvain » et « robert le diable ».
    Quelle série! j’admire toutes ces variétés, tu les as bien photographié dans leurs éléments, c’est très joli.
    @ bientôt

  4. Tu as là une superbe collection de papillons. Lorsqu’ils ne sont pas trop fous en volant dans tous les sens, j’éprouve aussi du plaisir à les photographier.
    Le problème de l’ortie: j’ai du mal à faire comprendre à la génération précédente (j’entends “humaine”) que malgré son défaut d’être envahissante dans un jardin, l’ortie a le pouvoir d’attirer un grand nombre de papillons. Pour certaines personnes, hélas, l’effort pour une diversité dans la nature ne passe pas par le sacrifice d’heures de surveillance envers quelques plantes trop présentes. Pour elles, l’ortie est bonne pour deux raisons: une bonne soupe printanière lorsque les pousses sont jeunes (ainsi on parvient du même coup à l’éliminer) et la fabrication du purin d’ortie, élixir puant qui n’est pas (encore?) interdit en Suisse. A part ça, “on” se plaint qu’il n’y a plus de papillons dans “son” jardin!

  5. Merci! 🙂

    C’est du sport car bien souvent lorsqu’on s’apprête à déclencher, l’oeil constate avec effroi qu’il n’y a plus de papillon dans le viseur, oups envolé!

    Je ne sais pas, mais je ne crois pas non plus que les chenilles de ces papillons là soient dangereuses pour le potager, dans ce cas il est clair qu’un petit coin ortie, ne peut faire de mal, bien au contraire…

    Il existe un bon nombre de ces paradoxes dans le domaine de l’écologie et d’autres, on en parle, on se plaint, mais on ne sait pas forcément grand chose avec exactitude.
    C’est ce comportement typique qui a dû faire dire à Churchill: « Le meilleur argument contre la démocratie est un entretien de cinq minutes avec un électeur moyen. »

  6. Roberts le diable, Paons du jour, Cartes géographiques…tout ces papillons sont magnifiques !!
    Il est bien vrai que l’ordre des papillons regroupe de nombreuses famille aux noms latins parfois imprononçables !
    L’identification peut aussi devenir incroyablement difficile à effectuer pour les Argus ou les Azurés par exemple.
    Et encore, tu ne t’es pas penché sur la classification et l’identification des papillons de nuit ! Ceux là, ils ont la palme ^^
    A bientôt

  7. Oulala je m’en suis bien rendu compte oui les papillons de jour en france c’est à peu près 250 espèces contre 5200 pour ceux de nuit, et on ne s’en rend pas compte jusqu’à ce qu’on essaye d’en identifier un…

    A bientôt!

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