Traitement de l’image sur Gimp

Je ne le croyais pas moi même mais au fil de mon expérience je me suis aperçu qu’un système d’exploitation Linux(Ubuntu est un choix basique et suffisant) est très véloce, au point que Windows me parait être d’une lourdeur patibulaire, et c’est peut-être le fait que je ne possède pas une machine de course sans que celle-ci ne soit fragile non plus. Une configuration (Pentium 4 3ghz + 4go ram) qui pourrait paraitre très largement dépassée pour les geeks mais qui permet un confort agréable pour tout mes travaux.

Deuxième préconçu au niveau du traitement de l’image, je ne pensais pouvoir obtenir des résultats aussi satisfaisants avec Gimp. En effet voyez-vous quand on a pas les moyens d’investir dans une optique haut de gamme et que l’on aime les images pas trop moches la retouche numérique est un bidouillage qui permet de restitué nos clichés pour se rapprocher d’une plus grande fidélité de la réalité.

Bien sûr l’on pourrait lancé tout un débat autour du réalisme et de l’abstrait qui marque de manière cyclique l’histoire de l’art: le mal, le réalisme car académique, noble, peu imaginatif et le bien, l’abstrait, la révolte bourgeoise qui s’ignore, le super artiste par excellence. Un dualisme qui rejoint le débat contemporain en plein coeur de la retouche numérique, avec sa notion toujours antagoniste du vrai et du faux. Je ne vais pas m’étendre là dessus car le sujet apporte ses propres réponses dans son questionnement taoïste.

En matière de dérawtiseur je ne me casse pas trop la tête, Rawtherapee est excellent et fait tout, on peut avoir un aperçu instantané en planche-contact de ses fichiers raw, il est configurable à souhait et par défaut convient parfaitement bien à des besoins simples qui donnent plutôt la priorité à l’éditeur d’image qu’a à des paramètres obscurs propres au logiciel qui peut si l’on s’y plonge réduire de manière hélas significative la vitesse de tout le processus de développement. Donc à éviter tout traitement qui consommerait anormalement les ressources de votre système.
(Darktable est un autre logiciel prometteur, lent mais qu’il faut surveiller.)

Il suffit donc d’appliquer la fonction “default” pour les fichiers raw, de double-cliquer sur une image et une fois le dématriçage fait de cliquer sur le bouton envoyer vers l’éditeur. A la rigueur le seul réglage à ce niveau que l’on aurait pu se permettre était la correction d’exposition si vraiment l’image était trop sombre ou trop claire. Mais maintenant magie! le fichier s’ouvre sous Gimp.

A partir de là les conseils concernent aussi ceux qui n’utilisent que des fichiers jpg.

C’est maintenant Gimp qui se chargera des premiers ajustements en l’occurence la vérification des niveaux des couleurs, la balance des blancs et le débruitage.

C’est sur ce dernier point que Gimp pourrait sembler pauvre, pour le débruitage il vaut mieux télécharger un plugin et un des plus populaires et efficace est le “Wavelet denoise“, ou débruiteur par vaguelettes. Un outil similaire à celui que possède Adobe Photoshop. Dans cette opération de débruitage il n’y a pas trop de choses à savoir, comme le résultat est visible en temps réel en fonction des réglages que l’on fait il suffit de faire disparaitre le bruit qui indispose l’image, ni trop ni trop peu, en gardant à l’esprit qu’il n’est pas nécessaire d’en faire trop puisque qu’une impression ne rend pas aussi visible le bruit que l’on ne le voit sur l’écran, et de plus l’on risquerait de perdre des détails.

Cette étape parfois inévitable(quand le temps sombre nous impose de monter en iso…) en impose une autre totalement contradictoire, qui est le renforcement de la netteté. Là encore gimp peut nous laisser sur notre faim, mais deux plugins viennent à notre rescousse, le “Wavelet Sharpen” et sa méthode classique ainsi que le “Refocus“. Le Wavelet Sharpen correspond bien à ce que l’on peut trouver sur photoshop lorsque l’on clique sur renforcer la netteté. Refocus est une autre manière d’augmenter la netteté, par une matrice de convolution probablement plus complexe que celles utilisées par d’autres plugins.

On peut voir ci-dessous le résultat d’une succession rapide de traitements, bien sûr l’on a tendance à trop renforcer les images et à saturer les couleurs, une retouche réussie doit être aussi savante qu’invisible. Ici j’ai choisi une édition d’image pour le traitement numérique mais toutes les phases de ce traitement peuvent être incluses dans une seule session de développement de fichiers raw, c’est ce que tente de faire les logiciels actuels, un logiciel idéal tout en un, mais le résultat n’est parfois pas très satisfaisant, et dans ce cas mieux vaut utiliser une chaine d’édition avec différents logiciels.

Sans traitement

Chrysomèle du peuplier - Sans traitement

Avec traitement

Chrysomèle du peuplier -Avec traitement

J’ai ici nettement trop forcé sur la saturation.

Voici le type de traitement que j’applique en général :

Il ne faut évidemment cependant ne pas croire pouvoir faire des miracles, la qualité de la prise de vue est fondamentale.

Refocus est magique, l’on obtient de meilleurs résultats avec cet outil qui offre une netteté intéressante à l’image.

Au final on se rapproche de la qualité “photoshop”, même que l’on peut la dépasser avec un temps d’adaptation et de recherches.

Tout ceci pour dire que le jeu du libre en vaut la chandelle, même si l’on n’est pas du tout convaincu de prime abord…

Ps: J’ai même trouvé qu’il existait une version Picasa pour Linux, qui me semble bien utile à la visualisation et gestion des photographies.

La page de Refocus : http://refocus.sourceforge.net/

Les wavelet sont sur Gimp Plugin Registry : http://registry.gimp.org/node/4235

Pour la page de Darktable : http://darktable.sourceforge.net/

Celle de RawTherapee : http://www.rawtherapee.com/

La matrice de convolution expliquée sur la documentation de Gimp : http://docs.gimp.org/fr/plug-in-convmatrix.html

L’opération de renforcement de la netteté par photoshop sur pixelvalley : http://www.pixelvalley.com/appareil-numerique/pique.php

Un flux de travail numérique avec Ubuntu sur blog.effraie : http://blog.effraie.org/post/2007/07/30/Flux-de-travail-numerique-pour-le-photographe-sous-Ubuntu

4 pensées sur « Traitement de l’image sur Gimp »

  1. 🙂

    Peut-être utilise tu un programme fourni par Canon?

    Gimp, on le teste sous windows parfois juste pour voir de quoi il s’agit mais ce n’est pas très pratique de l’utiliser sous windows d’autant plus que son multi-fenêtrage n’est pas très ergonomique.

  2. Bonsoir Zipanu, merci pour ta visite. J’avais Gimp mais je l’ai supprimé car je n’ai jamais su m’en servir. il parait que c’est assez difficile au début mais qu’après c’est très bien.
    En tout cas merci pour tes conseils.. souvent mes photos ont “du bruit” mais comme je ne sais pas l’enlever ! je fais avec.
    Quand j’aurai un peu de temps, je me pencherai sur tes liens. merci à toi
    chantal

  3. Boujour Chantal74,

    Il y a une fonction réduction du bruit sur les apn, mais en général elle ne fonctionne que lorsque l’exposition est supérieure à une seconde, et ne s’enclenche pas en mode continu ou bracketing.
    En plus elle n’est pas vraiment très efficace.

    Quelque soit le logiciel utilisé il y a toujours une fonction d’élimination du bruit, souvent pas très performante. Pour photoshop et les pros on utilise le plugin noiseware.

    Mais il ne faut pas oublier que l’on perdra des détails et qu’alors un renforcement de ces derniers sera nécessaire sous peine d’obtenir une image légèrement floue.

    Après tout est relatif, suivant les conditions de prises de vu et leurs conséquences il est rare qu’une série de photos soit traitée de la même manière.

    A bientôt. 🙂

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