Le Silence des bêtes

Le silence des bêtes

“Ce qui m’importe, c’est l’animal en tant qu’individu, chaque oiseau mazouté…”

L’auteur, membre du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé, ne fait absolument pas passer l’animal avant l’homme dans un accès d’humeur potentiellement raciste, non au contraire elle pense que l’on est pleinement humain quand on sait respecter toute forme de vie sans voir dans sa propre nature un privilège qui isolerait l’humain sur son piédestal.

L’animal n’est pas une projection de notre utopique sacro-sainte humanité, mais un être qu’il reste à comprendre, et qui possède son propre langage.
Le livre, le silence des bêtes, retrace tout le parcours idéologique qui forgea les conceptions de l’homme sur l’animal:

Les stoïciens et Cicéron pensent qu’un animal est une machine, cette position est renforcée par Descartes, puis par Kant qui voit en eux de simples pommes de terre. D’autres penseurs dans la lignée de Platon établissent des similitudes ontologiques entre l’homme et la bête. A leur suite, Rousseau, Locke, Shopenhauer refusent la stricte partition instinct raison. La métempsycose a influencé d’autres philosophes dans cette voie. Aristote a initié encore une autre conception de la question avec son échelle des êtres. Mais la problématique du sujet est plus précisément énoncée chez Lévi Strauss, en créant des frontières infranchissables entre l’humanité et l’animalité, les hommes mettent alors en place les structures pour écarter des hommes d’autres hommes. et l’auteur insiste sur ce point ce qui donne une dimension plus vaste à son travail.

Un point de vu pertinent, à l’avant-garde de nos conceptions futures.

A écouter : Sur France Culture.

9 pensées sur « Le Silence des bêtes »

  1. Nous sommes bien sûr complètement d’accord!
    L’humain n’a pas encore compris grand-chose à son environnement!
    Imagine-t-il seulement que notre propre planète puisse être une entité vivante et pensante?!
    bonne soirée, Zipanu!

  2. Le profit n’est pas compatible avec la conservation des milieux naturels ou le respect de la Nature, le voici le grand problème de notre humanité. Tant que nos sociétés continuerons à consommer de manière exponentielle et idiote, le monde s’en ira dans les bas-fonds d’une vie sans bonheur, sans vérité et sans raison. Quand comprendrons-nous que le bonheur n’est pas dans la richesse, mais dans la symbiose ?
    Sommes-nous perdu pour de bon ?
    J’en ai malheureusement l’impression…

  3. Pourtant la planète est un éco-système unique (pour l’instant) et pour la pensée il faudrait dégager cette notion de tout anthropocentrisme (attention tout de même, terrain glissant) sans non plus, comme dit l’auteur dans ses autres livres, “offenser le genre humain”, ce qui relève encore de la science-fiction.

    C’est vrai Olivier, cela date même des prémices de la civilisation, en se construisant son monde, l’homme est entré en conflit avec la nature, au départ pour de justes raisons, famines, maladies, prédations, dangers naturels.
    Ensuite plus il s’enfonce dans son monde plus il oublie la branche sur laquelle il est assis.

    Et nos instincts naturels de conservation nous sonnent l’alarme et nous le savons, nous n’avons plus de contrôle sur le monde que nous avons créer, la société humaine mondialisée est une telle addiction qu’elle ne permet plus aux autres êtres vivants, humains et animaux, de vivre autrement que dans un esprit univoque de consommation.

    Il existe bien quelques résistants, comme cet auteur, qui chacun à leur manière tentent l’impossible et l’impensable.

  4. Ce qui est malheureux, c’est que l’espèce humaine arrivera à une surpopulation entrainant déclin, misère et anarchie, tout ça a cause de la possibilité qui nous est donnée aujourd’hui d’obtenir matières première et nourriture à profusion grâce (ou à cause, tout dépend de quel côté on se met) à la technologie, cultures dévastatrices de biodiversité ou autre…
    Quand j’entends les politicos parler de croissance avant le bien-être, ça me fait bien rire (jaune), il y a bien un jour où la croissance deviendra impossible… ah oui c’est vrai, on va aller sur Mars pour ça… non mais vraiment !
    Je ne suis pas contre le développement du savoir et de l’amélioration du mode de vie des populations, c’est bien le but de chacun d’offrir le meilleur à nos enfants, mais quand je vois tout ce qu’il y a sous le sapin de noël tous les ans, ça me gène profondément… (les papis, mamies, tontons, tatas et j’en passe…) ne pensent qu’a enfouir nos enfants sous des tonnes de cadeaux. Est-ce bien ça qui les rend heureux ? Je ne pense vraiment pas !
    Le bonheur que ces bambins trouvent avec des choses si simples comme une ballade en forêt, patauger dans 20 cm d’eau avec les cousins et cousines, découvrir les têtards dans la marre du coin est bien plus réel que de les laisser jouer avec leurs jouets made in china. J’en suis témoin tous les jours !
    Mais aujourd’hui, maman travail pour payer la maison, nous avons moins de temps à consacrer au reste… Consommation, consommation et encore consommation !
    Notre place est maintenant bien définie dans ce monde, la prise de conscience ne se fait que bien trop lentement, je dois dire que je reste pessimiste malgré les mouvements censés écolos.
    L’anthro­po­cen­trisme comme tu dis, est pourtant au cœur de notre civilisation, un jour, il sera trop tard pour s’en rendre compte !

  5. Mon avis?!
    c’est fichu!
    Et nous somme tous les 3 sur la même longueur d’ondes… hélas!
    Comment pourrait-il y avoir une marche arrière à notre monde dit “civilisé”?
    D’ailleurs certains scientifiques commencent doucement à dire que dans 100 ans il n’y aura plus d’êtres humains! Et voilà le travail!
    dormez sur vos 2 oreilles quand même!!
    Si on veut vraiment voir les chose en face, on ne PEUT PAS être optimiste! AÏe!

  6. Je ne peux que m’inscrire à la suite de vos pensées… Pessimiste, oui! Défaitiste, pas encore. Et je retiens plus particulièrement ta référence à Lévi Strauss: car si “nous” vivons dans une course à la consommation, la grande majorité de la population mondiale subit et survit, loin de nos lumières clignotantes. Si le monde est aujourd’hui fini, il est aussi très cloisonné entre ceux qui consomment et ceux qui vivent sur les terres qui fournissent les matières premières. Scission entre l’homme et l’animal, scission entre l’homme et l’homme.

  7. “Pessimiste, oui! Défaitiste, pas encore.”

    Effectivement, le défaitisme n’est certainement pas la voie à suivre, que resterait-il comme espoir et comme but dans la vie ?
    Et sans pessimisme, pas de combat !
    Drôle de vie que ce monde fini nous offre !

    “D’ailleurs cer­tains scien­ti­fiques com­mencent dou­ce­ment à dire que dans 100 ans il n’y aura plus d’êtres humains!”

    Je ne pense pas, par contre, un déclin de la civilisation est peut-être plus réaliste.

  8. C’est bien vrai Olivier, cette abondance à combler le vide des existences est symptomatique d’un malaise social.

    Et s’il fallait faire un parallèle avec la nature on peut dire que les peuples les plus généreux sont les moins nantis, et ceci est d’autant plus vrai lorsqu’ils vivent dans une région hostile, où la dimension colossale de la nature rappelle à l’homme son insignifiance.

    Un exemple avec Raoni pour cette scission entre le vivant et le jouissant.

    La chose qui pourrait nous donner de l’espoir, c’est de nous dire que tout ces pays en voie de développement connaitrons les mêmes échecs, un peu comme le dit Raoni, une fois que nous aurons tout détruit, il ne restera rien d’autre que notre constat devant un développement que l’on a été incapable d’accomplir, celui de l’humain.

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